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Il y a plus de deux ans, Mateusz a entamé un doctorat en physique à la VUB. Sa femme Marzena l’a rejoint il y a un an. En partant, elle a quitté un emploi de graphiste bien payé. À Bruxelles, cependant, elle n’arrive pas à trouver du travail. Et ce n’est pas faute de faire des efforts : elle suit des cours de français et d'anglais et vient de s'inscrire avec Mateusz au programme d'intégration civique de bon en polonais. Les cours d’intégration civique se donnent deux fois par semaine, de 18 à 21 heures.
Connaissances et réseau Mateusz en Marzena ont entendu parler du cours d’intégration civique par le biais d'une autre étudiante polonaise du cours d'anglais, qui a découvert bon dans PoloniaNet, un magazine pour les Polonais de Belgique. Mateusz parle très bien l’anglais, ce qui lui permet de bien s’en sortir à Bruxelles. C’est surtout le cours d’orientation sociale qui l’intéresse. «Si j’avais pu suivre ce cours il y a deux ans, lorsque je suis arrivé en Belgique, tout aurait été beaucoup plus vite. Au lieu de cela, j’ai dû tout découvrir moi-même : les assurances dont j’avais besoin, où je devais m’inscrire, quels étaient mes droits et devoirs en tant que locataire… À l’époque, je ne savais même pas quelles langues on parlait en Belgique. Je pensais qu’on n’y parlait que l’allemand », se souvient-il. Mateusz ne pense pas qu'un cours d'intégration civique soit moins indispensable à des Européens qu’à des Latino-Américains ou des Africains, par exemple. L’administration a ses particularités dans chaque pays. Et dans chaque pays, les façons de faire sont différentes aussi, ainsi qu’il l'a appris à ses dépens. Par exemple, il a raté trois fois le bus. En Pologne, en effet, il ne faut pas lever la main pour demander au bus de s'arrêter. Pour Mateusz, un autre intérêt du cours réside dans le fait qu’il lui permet de côtoyer d’autres Polonais. Des personnes avec un parcours similaire au sien, ce qui est très enrichissant. « Une personne du groupe est déjà en Belgique depuis 15 ans. C’est intéressant parce qu’on échange les informations et les expériences.» Des listes d’attente moins longues du côté flamand Le couple attend son premier enfant. Plus tard ira-t-il dans une école francophone ou dans une école néerlandophone ? Mateusz est étonné par la question. « C’est impressionnant de voir comme tout est scindé à Bruxelles. Nous allons d’abord nous inquiéter de trouver une crèche, ce qui n’est pas une mince affaire. Après, on verra. » Peut-être opteront-ils pour le néerlandais parce que l’employeur de Mateusz est flamand « mais aussi parce que les listes d'attente sont moins longues que du côté francophone ». Mateusz se souvient d’avoir fait la queue une éternité chez Partena, devant le guichet pour francophones. Au guichet pour néerlandophones, il n’y avait qu’un client en attente. Il a eu tôt fait de faire son choix. C’est surtout l’argument pragmatique qui a joué. Un paysage différent Mateusz aime Bruxelles même si, au début, il a été surpris. Contrairement à la Pologne, où la population est blanche, Bruxelles est un creuset multiculturel. Dans sa maison, à Bruxelles, il cohabite avec un Cubain, un Marocain et un Français. Un nouveau monde s'est littéralement ouvert à lui. « Je suis devenu plus ouvert et plus tolérant mais la cohabitation interculturelle n’est pas évidente. » Une diversité qu’il adore, en tout cas, c'est celle des paysages de Belgique. « Sur une aussi petite superficie, vous avez la mer, les collines, les champs, les rivières… C’est fantastique ! Même si parfois les rivières sont un peu prises d’assaut par les touristes en kayak», ajoute-t-il en souriant. |